- 2008 ? On oublie, et vite !
- L'or sous toutes ses formes contre l'inflation et la récession
- Les renflouements coûtent de plus en plus cher au Dow Jones, à la Fed... et au dollar
- La baisse du pétrole n’est bonne pour personne ?
- Prévisions de « croissance » de l’OCDE
La finance mondiale au point mort
Pour les valeurs bancaires, c’est à un nouveau krach que l’on a assisté. Citigroup prépare des licenciements massifs, et sa santé est si chancelante que l’on n’hésite plus à parler d’une reprise pure et simple des actifs du groupe américain.
Un véritable krach pour les valeurs financières? On n’avait pas encore tout vu apparemment, si l’on en juge par la dégringolade observée cette semaine par les banques. Les plus grands noms du secteur ont d’ailleurs vécu encore plus durement que les autres le passage de cette nouvelle tempête. En début de semaine, c’est apparemment l’annonce d’une augmentation de capital par BNP Paribas qui a déclenché les premières secousses. Ensuite, les nouvelles de la santé de l’économie américaine ont suffi à amplifier le malaise. Et dans quelle mesure Les baisses évoluent dans une fourchette qui va de 15 à 50 pc. Et on reste, dès lors, dans un contexte où la pression conduit les acteurs financiers à procéder à de nouvelles ventes d’actifs. Les indicateurs boursiers n’ont pu que suivre cette désespérante tendance en alignant des reculs de 6 à 12 pc, selon les places et les devises de référence.
Surmédiatisation de la récession
L’économie américaine, qui a toujours quelques longueurs d’avance sur celle du bloc européen, est très affectée par la récession et surtout par l’explosion médiatique des titres pessimistes qui ne font qu’ajouter aux craintes de consommateurs. A New York, où l’alternance politique en cours ralentit la mise en place des plans de soutien aux pans les plus malades de l’économie, les témoins du marché ont piqué du nez. L’indice S&P 500 a reculé de 12 pc sur la semaine (avant la séance d’hier soir) pour revenir à son niveau le plus bas depuis 11 ans. Ce qui nous ramène au temps de la crise financière asiatique. Que faire en attendant que le nouveau président américain soit en mesure de porter une politique de relance? C’est actuellement à la Réserve fédérale que revient le rôle de moteur principal des courants d’affaires.
Politique du zéro pour cent ?
L’institut d’émission, dont le taux directeur est déjà descendu à 1 pc, n’a plus énormément de marge pour impressionner favorablement les acteurs économiques. Sauf à passer rapidement à une politique du taux zéro, comme le fit en son temps le Japon. Le principe étant de pousser les capitaux à sortir des pièges à liquidités. 2009 sera, à cet égard, une période difficile à vivre pour les épargnants, avec des taux qui, même à long terme, vont sans doute descendre de manière significative. Aux Etats-Unis, les taux des fonds d’Etat à deux ans, réputés préfigurer la tendance des taux à plus court terme, sont passés cette semaine sous le cap du pour cent. La forte baisse des prix, constatée en octobre aux Etats-Unis, permet d’imaginer que la Fed n’aura aucun scrupule à agir sur les taux, compte tenu de la disparition du risque inflationniste, encore présent il y a quelques mois à peine.
Baisse des commandes
C’est que l’adaptation des entreprises au principe d’une crise économique a conduit ces dernières à réduire de manière drastique leurs commandes. Les matières premières ont reculé, et le pétrole est même passé cette semaine sous les 50dollars, soit le tiers du sommet atteint cet été. Dans certains secteurs, comme l’automobile, les réductions de production entraînent des révisions à la baisse des ventes estimées par les sous-traitants, et ce monde est particulièrement vaste, notamment chez nous, où le secteur de la construction automobile est surreprésenté. Sur la semaine, on a ainsi vu BASF réduire la voilure et ses prévisions, mais aussi Umicore qui, il y a quelques semaines encore, avait annoncé des résultats dépassant les attentes. Cette fois, le spécialiste des métaux spéciaux, actif notamment dans la fourniture de matériaux destinés à la fabrication de pots d’échappement catalytiques, est passé au niveau de l’avertissement sur résultats
La dégradation des conditions économiques est très rapide, et elle s’accompagne malheureusement de réductions de postes dans une proportion alarmante. Aux Etats-Unis, les banques en difficulté commencent maintenant à dégager les effectifs par dizaines de milliers. On s’attend à un effet de contagion en Europe. Et surtout, on attend de voir se concrétiser les efforts de relance, suite aux engagements formulés au terme du G20 qui s’est tenu le week-end passé.
Cela étant, ce tableau bien sombre laisse place à quelques zones plus claires. Ainsi, des entreprises réussissent à tenir le cap, comme Hewlett-Packard qui a produit des résultats réconfortants salués en Bourse, ainsi que Dell qui a réussi à accroître ses revenus en provenance d’Inde et de Chine. Les multinationales tentent, en effet, de rechercher les poches de croissance résiduelles. C’est vrai pour l’informatique et, dans une moindre mesure, pour le secteur pharmaceutique qui a encore à progresser dans les pays émergents.
Au niveau sectoriel, on notera que des segments intéressants sont encore à développer, notamment dans les techniques d’isolation thermique et dans les énergies renouvelables, ainsi que se plaisent à rappeler avec beaucoup de pertinence les représentants des partis écolos. Cette crise pourrait être une opportunité à cet égard. Enfin, pour les investisseurs, tout n’est pas négatif non plus. Certains opérateurs reviennent pourtant discrètement à l’achat. Ainsi, la GIMV, qui a pourtant acté des moins-values potentielles sur son portefeuille, dispose-t-elle de liquidités à affecter, et un géant, comme le fonds souverain norvégien, procède-t-il ouvertement à des achats massifs de valeurs cotées. Enfin, il faut noter aussi que le marché des euro-obligations s’est enfin réveillé, avec quelques belles signatures assorties de sympathiques conditions.
PATRICK VAN CAMPENHOUT
La Libre
Un véritable krach pour les valeurs financières? On n’avait pas encore tout vu apparemment, si l’on en juge par la dégringolade observée cette semaine par les banques. Les plus grands noms du secteur ont d’ailleurs vécu encore plus durement que les autres le passage de cette nouvelle tempête. En début de semaine, c’est apparemment l’annonce d’une augmentation de capital par BNP Paribas qui a déclenché les premières secousses. Ensuite, les nouvelles de la santé de l’économie américaine ont suffi à amplifier le malaise. Et dans quelle mesure Les baisses évoluent dans une fourchette qui va de 15 à 50 pc. Et on reste, dès lors, dans un contexte où la pression conduit les acteurs financiers à procéder à de nouvelles ventes d’actifs. Les indicateurs boursiers n’ont pu que suivre cette désespérante tendance en alignant des reculs de 6 à 12 pc, selon les places et les devises de référence.
Surmédiatisation de la récession
L’économie américaine, qui a toujours quelques longueurs d’avance sur celle du bloc européen, est très affectée par la récession et surtout par l’explosion médiatique des titres pessimistes qui ne font qu’ajouter aux craintes de consommateurs. A New York, où l’alternance politique en cours ralentit la mise en place des plans de soutien aux pans les plus malades de l’économie, les témoins du marché ont piqué du nez. L’indice S&P 500 a reculé de 12 pc sur la semaine (avant la séance d’hier soir) pour revenir à son niveau le plus bas depuis 11 ans. Ce qui nous ramène au temps de la crise financière asiatique. Que faire en attendant que le nouveau président américain soit en mesure de porter une politique de relance? C’est actuellement à la Réserve fédérale que revient le rôle de moteur principal des courants d’affaires.
Politique du zéro pour cent ?
L’institut d’émission, dont le taux directeur est déjà descendu à 1 pc, n’a plus énormément de marge pour impressionner favorablement les acteurs économiques. Sauf à passer rapidement à une politique du taux zéro, comme le fit en son temps le Japon. Le principe étant de pousser les capitaux à sortir des pièges à liquidités. 2009 sera, à cet égard, une période difficile à vivre pour les épargnants, avec des taux qui, même à long terme, vont sans doute descendre de manière significative. Aux Etats-Unis, les taux des fonds d’Etat à deux ans, réputés préfigurer la tendance des taux à plus court terme, sont passés cette semaine sous le cap du pour cent. La forte baisse des prix, constatée en octobre aux Etats-Unis, permet d’imaginer que la Fed n’aura aucun scrupule à agir sur les taux, compte tenu de la disparition du risque inflationniste, encore présent il y a quelques mois à peine.
Baisse des commandes
C’est que l’adaptation des entreprises au principe d’une crise économique a conduit ces dernières à réduire de manière drastique leurs commandes. Les matières premières ont reculé, et le pétrole est même passé cette semaine sous les 50dollars, soit le tiers du sommet atteint cet été. Dans certains secteurs, comme l’automobile, les réductions de production entraînent des révisions à la baisse des ventes estimées par les sous-traitants, et ce monde est particulièrement vaste, notamment chez nous, où le secteur de la construction automobile est surreprésenté. Sur la semaine, on a ainsi vu BASF réduire la voilure et ses prévisions, mais aussi Umicore qui, il y a quelques semaines encore, avait annoncé des résultats dépassant les attentes. Cette fois, le spécialiste des métaux spéciaux, actif notamment dans la fourniture de matériaux destinés à la fabrication de pots d’échappement catalytiques, est passé au niveau de l’avertissement sur résultats
La dégradation des conditions économiques est très rapide, et elle s’accompagne malheureusement de réductions de postes dans une proportion alarmante. Aux Etats-Unis, les banques en difficulté commencent maintenant à dégager les effectifs par dizaines de milliers. On s’attend à un effet de contagion en Europe. Et surtout, on attend de voir se concrétiser les efforts de relance, suite aux engagements formulés au terme du G20 qui s’est tenu le week-end passé.
Cela étant, ce tableau bien sombre laisse place à quelques zones plus claires. Ainsi, des entreprises réussissent à tenir le cap, comme Hewlett-Packard qui a produit des résultats réconfortants salués en Bourse, ainsi que Dell qui a réussi à accroître ses revenus en provenance d’Inde et de Chine. Les multinationales tentent, en effet, de rechercher les poches de croissance résiduelles. C’est vrai pour l’informatique et, dans une moindre mesure, pour le secteur pharmaceutique qui a encore à progresser dans les pays émergents.
Au niveau sectoriel, on notera que des segments intéressants sont encore à développer, notamment dans les techniques d’isolation thermique et dans les énergies renouvelables, ainsi que se plaisent à rappeler avec beaucoup de pertinence les représentants des partis écolos. Cette crise pourrait être une opportunité à cet égard. Enfin, pour les investisseurs, tout n’est pas négatif non plus. Certains opérateurs reviennent pourtant discrètement à l’achat. Ainsi, la GIMV, qui a pourtant acté des moins-values potentielles sur son portefeuille, dispose-t-elle de liquidités à affecter, et un géant, comme le fonds souverain norvégien, procède-t-il ouvertement à des achats massifs de valeurs cotées. Enfin, il faut noter aussi que le marché des euro-obligations s’est enfin réveillé, avec quelques belles signatures assorties de sympathiques conditions.
PATRICK VAN CAMPENHOUT
La Libre
- 2008 ? On oublie, et vite !
- L'or sous toutes ses formes contre l'inflation et la récession
- Les renflouements coûtent de plus en plus cher au Dow Jones, à la Fed... et au dollar
- La baisse du pétrole n’est bonne pour personne ?
- Prévisions de « croissance » de l’OCDE



