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Quelles leçons pour demain?

S'abonner Par Admin Team, publié le lundi 01 décembre 2008 à 09:00 | Economie
Après la pluie vient le beau temps. Mais on parle ici du temps des comptes aussi, et surtout des leçons et enseignements à tirer de cette crise financière qui n’en finit pas.

Il n’est pas rare d’entendre qu’un tel ou un tel avait un "très gros paquet de Fortis" et a beaucoup perdu dans la tourmente. D’autres se rendent compte que leur intermédiaire financier leur a vendu un produit qui ne correspondait finalement pas à leurs attentes en termes de risque. Il est donc temps de se poser des questions objectives et de tirer certaines conclusions des événements récents.


Biais domestique

Comment expliquer que certains investisseurs avaient une telle concentration d’actions Fortis en portefeuille? "Il y a toujours eu un biais domestique dans les portefeuilles. Les investisseurs ont toujours eu tendance à surpondérer leur zone domestique. C’est une erreur communément répandue, mais cette erreur est d’autant plus grande en Belgique, car il y a une forte concentration sur les financières. Jadis, on faisait du stock picking dans les valeurs que l’on connaissait bien", explique Georges Delcroix, managing partner chez DDEL, société de gestion indépendante. Les comportements hérités du passé se sont donc retrouvés dans les portefeuilles, et, aujourd’hui, l’investisseur doit apprendre à considérer la zone euro comme une zone domestique. "Nous constatons qu’en gestion active, faute de moyens humains suffisants, les gestionnaires ne se sont pas totalement dégagés de ce pli ancestral d’analyser et d’investir dans les actions les plus proches. Par contre, la gestion passive, comme nous la préconisons, permet de construire un portefeuille diversifié à faibles coûts. Notre première approche consiste à faire une bonne allocation d’actifs en fonction des besoins, de l’horizon de temps et de l’aversion au risque. Nous ne faisons pas de pari sur un secteur, un pays, une valeur. Il faut que l’investisseur intègre la notion que dans le stock picking, on a autant de chance de se tromper que de gagner!", ajoute Georges Delcroix.

Il faut aussi que l’investisseur comprenne que, dans la partie obligataire de son portefeuille, évaluer le risque d’un débiteur corporate est difficile. Si l’on veut se prémunir du risque par le biais de cette classe d’actifs, il faut éviter de prendre un risque corporate et se cantonner aux obligations gouvernementales. "La couverture du risque est assurée par cette classe d’actifs et l’on peut aller chercher le rendement dans la classe d’actifs "actions" en diversifiant suffisamment cette classe. L’investisseur doit assimiler le fait qu’il n’y a pas de rendement supplémentaire sans risque supplémentaire", note Georges Delcroix.

Globalement, les investisseurs ne sont pas assez attentifs à leur investissement: lecture du prospectus, évaluation des frais d’entrée et des frais de gestion annuels, composition du fonds et qualité des émetteurs ou des sociétés passent souvent en seconde ligne face au rendement annoncé et espéré.

La Libre
ISABELLE de LAMINNE