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2008 ? On oublie, et vite !

S'abonner Par Admin Team, publié le jeudi 01 janvier 2009 à 09:00 | Economie
Les gestionnairesde portefeuilles d'actions ont perdu des plumes, en 2008. Une année destructrice de valeur de leur point de vue, avec trois grands événements justifiant les pertes. Les BRIC's n'ont pas résisté au choc.

C'est en janvier dernier que la situation instable des marchés boursiers a véritablement basculé pour entamer une chute historique des cours. L'affaire Kerviel, première étape de la décrue des cours en 2008, devait, en effet, défrayer la chronique. Avec une perte avérée de quelque 5... milliards d'euros suite à des opérations spéculatives malheureuses, cet opérateur de talent devait à lui seul faire chavirer la confiance des opérateurs dans les marchés financiers.

Le dénouement des opérations mises au point par Jérôme Kerviel a, en effet, secoué les marchés de référence, attirant l'attention sur la faiblesse de la structure de contrôle des organismes financiers. "En juin, les premiers signes de l'éclatement de la bulle industrielle au sens large devaient également alerter les investisseurs sur la légèreté des fondamentaux liés à la hausse des valeurs cycliques" , nous rappelle aussi Xavier Servais, directeur chez Dresdner Van Moer Courtens. Une crise économique à l'échelle mondiale ?

Le 15 septembre dernier, la faillite retentissante de Lehman Brothers, notamment actif dans la garantie d'obligations synthétiques devait signer la fin des espoirs des investisseurs dans un système financier déjà mis à mal par la crise du subprime, pourtant incomprise du grand public. Au total, aucun espoir de voir se redresser des marchés boursiers, en dépit des interventions musclées, ou désespérées des banques centrales dont les taux de référence sont actuellement proches de... zéro pour cent. En décembre, les révélations à propos d'un portefeuille de fonds de quelque 50 milliards de dollars basé sur du vent par les manipulations Bernard Madoff, un des piliers du monde des fonds américains auront finalement fait peu d'effet sur un marché dépité. Le montant de la fraude pyramidale mise sur pied par l'ancien patron du Nasdaq est pourtant dix fois supérieur à la fraude interne du Français Kerviel qui avait fait chavirer le management de la Société Générale en janvier. Entre-temps, le monde de la Finance s'est habitué aux pertes abyssales.

Leur total a été évalué dernièrement par la banque d'Angleterre à 2 800 milliards de dollars. Au final, 2008 restera sans doute dans la mémoire des investisseurs comme une période noire, surtout pour ceux d'entre eux qui sont arrivés cette année au moment de prendre une retraite bien méritée, et qui ont vu leur épargne amputée parfois de... plus de 50 pc. Les indicateurs boursiers des places les plus influentes du monde ont, en effet, chuté d'importance sur l'année écoulée. Selon les spécialistes d'ING, il s'agirait de la plus mauvaise année depuis 1931. Notez que l'on parle ici de "return", soit de rendement global tenant compte des cours et des dividendes. Certains indices ne tiennent compte que de l'évolution des cours.


Russie, Chine, et Inde...


Ramenée en euro, la perte la plus lourde est à mettre au passif de la Bourse de Moscou qui recule de 72 pc, suivie de près par la Bourse de Shanghai qui abandonne pour sa part 62 pc. Les marchés asiatiques de référence ont moins reculé que Shanghai, mais, pour ce qui concerne Tokyo, la chute de 26 pc est en réalité édulcorée par la remontée de 27 pc du yen face à l'euro. Les BRIC's (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont donc payé un tribut à la hauteur de leurs performances antérieures. Le Dow Jones a perdu 34 pc, alors que l'Eurostoxx a abandonné 45 pc. Dans cet environnement difficile, notre Bel 20 fait bien pâle figure avec une baisse de près de 54 pc, juste après l'AEX d'Amsterdam qui abandonne, lui, 53 pc.

© La Libre Belgique 2008
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